Nouvelle

01 avril 2021

Boîte à outils hivernale de l'APWA - La résilience et les événements rares


Wilf Nixon, Ph.D., P.E., PWLF, Président, Professional Snowfighters Association, Iowa City, Iowa; membre du sous-comité de l’entretien hivernal de l’APWA
 
T. S. Eliot a dit que « avril est le plus cruel des mois », mais je pense que de nombreuses personnes vivant au Texas auront eu une vision différente des choses en février dernier! Bien qu’il y ait eu beaucoup de discussions sur les éoliennes qui tombent en panne en hiver (ce qu’elles feront si elles ne sont pas préparées pour cette saison), je pense que beaucoup d’entre nous ont également vu des photos ou des vidéos des accidents qui se sont produits pendant l’hiver surprenant que les Texans ont vécu. Et, sans surprise, il y a eu beaucoup de commentaires du type « s’ils peuvent garder les routes dégagées de neige et de glace à Chicago (ou dans toute autre ville du nord), pourquoi ne peuvent-ils pas le faire à Austin? ».
 
La réponse, bien sûr, est que si Austin disposait du même type de flotte de chasse-neige que Chicago, elle serait en mesure de faire ce que Chicago fait. Mais ce n’est pas le cas d’Austin, et ce, pour une très bonne raison : les événements météorologiques hivernaux comme ceux qui se sont produits en février dernier sont rares au Texas (en particulier à Austin et à San Antonio). Alors, pourquoi avoir une grande flotte de chasse-neige qui ne fait rien pendant 70 ou 80 hivers, juste pour qu’ils puissent entrer en action lorsqu’un flocon de neige (ou plusieurs milliards d’entre eux) décide de faire une visite?
 
Tout cela s’enchevêtre dans l’argument de la résilience. Nous devrions être en mesure de faire face à tout type d’événement à tout moment et de maintenir le réseau routier fonctionnel en toutes circonstances. C’est ce que signifie la résilience dans un système de transport, non? Eh bien, non. Ce que nous devons faire, c’est déterminer quels sont les événements auxquels nous allons pouvoir faire face dans le cadre d’opérations « normales », et ce que nous allons faire lorsque nous sortons de cette « normale ». Et le défi consiste à déterminer ce qu’est et ce que signifie la normalité.
 
Et cela nous amène à l’épineuse question de la probabilité. Les inondations sont un type d’événements dont nous nous occupons depuis longtemps dans les travaux publics, et dans ce domaine, nous parlons d’événements tels que la crue centennale ou la crue cinquantennale. Un cynique pourrait dire que tout cela est conçu pour semer la confusion, car la crue centennale n’est PAS quelque chose qui se produit tous les 100 ans, mais quelque chose qui a une probabilité de 1 % de se produire au cours d’une année donnée. Les merveilles de la probabilité signifient qu’il y a une chance sur deux que la crue centennale se produise une fois sur une période de 69 ans (ce qui porte un peu à la confusion).
 
Alors, que doit faire un département de travaux publics pour se préparer à des événements rares? Tout d’abord, réfléchissez aux événements rares dont vous pourriez parler. Au Texas, les ouragans et tout ce qu’ils apportent (vents extrêmement violents, tornades, pluies torrentielles et ondes de tempête) doivent être pris en compte et il existe de nombreuses données qui permettent à une organisation de décider à quoi elle doit se préparer. Mais ici, dans l’Iowa (où je vis), nous n’avons pas à nous soucier des ouragans, n’est-ce pas? Eh bien, pas vraiment, mais nous devons faire face à trois des quatre phénomènes qu’ils provoquent (tornades, vents violents - comme le derecho que nous avons eu l’année dernière - et fortes pluies, bien que les vents et les averses ne soient pas les mêmes que ceux d’un ouragan de catégorie 5); mais si nous nous inquiétons des ondes de tempête en Iowa, alors, pour reprendre une citation d’Aliens, c’est « Game over, man! ».
 
Les ouragans et les tornades sont des éléments utiles à prendre en compte à d’autres égards également. Personne ne s’attend à ce que tout se déroule normalement lors d’un ouragan (vous évacuez) ou d’une tornade (vous cherchez un abri et y restez jusqu’à ce qu’elle soit terminée). Ce que les gens attendent, c’est un retour à la « normale » aussi rapide que possible après l’événement. Dans le nord des États-Unis et au Canada, les gens s’attendent à pouvoir continuer à faire ce qu’ils font normalement pendant la plupart des événements météorologiques hivernaux (avec des exceptions pour les tempêtes de verglas et les blizzards). Mais doit-on s’attendre à ce que ce soit le cas dans une ville du sud comme Austin ou San Antonio? Et si ce n’est pas le cas, quelles sont les attentes raisonnables pour ces régions du pays lorsqu’elles font face à des conditions hivernales?
 
Comme pour toutes les choses de ce genre, la première étape consiste à avoir un plan. Lorsqu’une tempête hivernale frappe, et s’il s’agit d’un événement rare pour votre région, que ferez-vous? Les photos et les vidéos des accidents survenus au Texas nous donnent des indications à ce sujet. Il est très clair, en regardant ces vidéos, que les conducteurs impliqués dans les accidents n’avaient pas adapté leur conduite aux conditions météo (en clair, ils allaient trop vite, beaucoup trop vite). À bien des égards, cela n’a rien de surprenant : nous observons quelque chose de similaire lors de la première tempête hivernale de la saison ici, dans l’Iowa (pendant l’été, les gens oublient à quel point les routes peuvent être glissantes en hiver et ils sous-estiment les conditions). Ainsi, si vous vous trouvez dans une région du pays où les tempêtes hivernales sont très rares, les gens n’ont pas la moindre idée de la manière de conduire en cas de tempête.
 
La fermeture préventive des routes peut donc être une bonne idée. Après tout, si vous avez un accident comme ceux que nous avons vus sur les photos et les vidéos, la route sera fermée de toute façon. Personne ne veut fermer les routes, mais avec une campagne d’information appropriée, c’est possible, et pour un événement rare, cela peut avoir du sens. Bien sûr, ce n’est pas aussi simple : vous devez décider quelles routes fermer, ce qui déclenchera ces fermetures et, inévitablement, ce que vous ferez si la tempête qui vous a poussé à fermer les routes ne se produit pas ou ne s’avère être que de la pluie au lieu d’une tempête de verglas. Mais vous pouvez avoir un plan, de sorte que vous ne soyez pas réactif, mais proactif.
 
Cela ne veut pas dire que la fermeture des routes est la seule option dont vous disposez. Vous pouvez réduire considérablement la limite de vitesse au moyen de panneaux à messages variables; vous pouvez mettre en place des barrages routiers roulants en utilisant des véhicules d’urgence pour ralentir la circulation; vous pouvez faire passer des convois de véhicules dans les zones fortement touchées. Et il y a sans doute d’autres options à envisager. Il ne s’agit pas de dire que la fermeture de routes est la seule solution, mais plutôt que la mise en place de mesures à prendre lorsque certaines choses se produisent est ce dont vous avez besoin pour protéger les conducteurs et le système routier.
 
La deuxième chose à faire est de se pratiquer. Les ouragans font régulièrement l’objet d’exercices du centre de gestion des urgences, mais quand avez-vous intégré pour la dernière fois une tempête hivernale dans un tel exercice? Si vous avez un plan pour une forte tempête hivernale, testez-le en faisant un exercice sur table dans le centre de gestion des urgences. Oh, et votre plan va nécessiter la participation d’un grand nombre de personnes au-delà des travaux publics : les autres premiers intervenants devront tous être impliqués, et si vous prévoyez de fermer des routes, vous devrez aussi impliquer les organismes publics et le bureau du gouverneur également. Et encore une fois, toute cette coordination doit être testée et mise en pratique jusqu’à ce qu’elle fonctionne et fonctionne bien.
 
Donc, non, la résilience ne signifie pas qu’Austin et San Antonio doivent acheter un tas de chasse-neige. Mais cela signifie que les événements météorologiques rares de tous types doivent être pris en compte et que des plans doivent être mis en place pour minimiser les impacts immédiats et rétablir un système de transport entièrement opérationnel dès que possible.
 
Vous pouvez communiquer avec Wilfrid Nixon par téléphone au 319 594-4447 ou par courriel à wilf@psassoc.org.