01 août 2021

Boîte à outils hivernale de l'APWA - Qui conduit votre chasse-neige?


Wilf Nixon, Ph.D., P.E., PWLF, Président, Professional Snowfighters Association, Iowa City, Iowa; membre du sous-comité de l’entretien hivernal de l’APWA
 
La notion de véhicules automatisés est loin d’être nouvelle, mais elle s’est développée et a pris de l’importance au cours des cinq dernières années. Des véhicules présentant divers niveaux d’autonomie ont été testés sur la route, dans la circulation, et les véhicules vendus incluent un certain nombre de systèmes d’aide à la conduite qui guident et appuient considérablement les conducteurs. Mais la question demeure : quand verrons-nous sur la route des véhicules véritablement autonomes (pour ceux qui s’intéressent à ces questions, il s’agirait de véhicules dotés d’une autonomie de niveau 5, en d’autres termes, des véhicules qui n’ont pas du tout besoin d’un conducteur humain, qui peuvent même ne pas comporter de volant, et donc ne pas pouvoir être conduits par un humain) en tant que véhicule « de série »?
 
À l’heure actuelle, vous pouvez acheter un véhicule (si vous en avez les moyens!) doté d’une autonomie de niveau 3, ce qui signifie que la conduite du véhicule et l’observation de l’environnement immédiat sont automatisées, mais uniquement dans certaines conditions spécifiques (par exemple, sur une autoroute à voies séparées pour laquelle le véhicule dispose d’une carte très précise et actualisée). Et, même avec ces fonctionnalités, le conducteur est censé rester vigilant en tout temps (ce qui, franchement, demande beaucoup à certains conducteurs…). Ces véhicules sont censés bien se comporter dans des conditions de circulation très intense.
 
Mais ce que je veux, c’est mon chasse-neige autonome! L’utilisation de la technologie pour améliorer les capacités des équipements est une tradition dans l’entretien hivernal. D’une part, l’installation d’une aile sur un camion est un exemple classique d’amélioration des capacités du camion. Et plus récemment, des équipements tels que les chasse-neige dotés d’une remorque ont véritablement permis à un seul camion de faire le travail de deux. En outre, un certain nombre d’études ont porté sur l’utilisation de la technologie pour améliorer la sécurité des conducteurs de chasse-neige. Certaines études ont utilisé un ruban spécial sur la ligne centrale d’un segment de route pour avertir les conducteurs de chasse-neige s’ils s’écartent de cette ligne. Dans le col de Thompson, en Alaska, on utilise depuis plusieurs années des équipements de détection de pointe pour aider les conducteurs à rester sur la route (parce qu’il n’est pas souhaitable de sortir de la route à cet endroit…). Parmi les utilisations plus récentes d’outils technologiques, citons l’installation d’un appareil de préemption des feux de circulation sur les chasse-neige, ainsi que l’envoi de données directement du chasse-neige à des panneaux à message variable (testé dans le cadre d’un projet pilote l’hiver dernier au Minnesota). Mais quand pourrai-je faire du déneigement par échelons (avec, disons, cinq chasse-neige) avec un seul conducteur dans le chasse-neige à l’avant?
 
Eh bien, la réponse est que si je déneige un aéroport, je peux déjà le faire. À l’aéroport de Francfort, en Allemagne, à l’aéroport de Fagernes à Leiren, en Norvège, et à l’aéroport international Richardson de Winnipeg, on utilise des chasse-neige autonomes, qui sont asservis à un chasse-neige principal à l’avant, pour dégager les pistes. Il est beaucoup plus facile d’effectuer ce travail sur une piste que sur une route. Lorsque les chasse-neige sont sur la piste, ils sont les seuls véhicules à y circuler (pas d’avions non plus!) et la zone à déneiger est relativement petite (en termes de kilomètres de voies, du moins) et extrêmement bien définie géographiquement. En d’autres termes, bon nombre des problèmes qui rendraient des opérations similaires sur une autoroute très difficiles sont éliminés en effectuant l’opération sur une piste.
 
Cela ne veut pas dire que c’est un jeu d’enfant! Il y a, bien sûr, de nombreuses façons de faire déraper les choses sur une piste d’aéroport, et la bonne nouvelle est que la technologie permettant d’effectuer le déneigement autonome sera bien développée au moment où nous déciderons de l’essayer sur les autoroutes. J’ai cependant une inquiétude concernant le scénario de l’autoroute, et vous pouvez probablement deviner de quoi il s’agit. Il y aura toujours une personne qui voudra passer entre les chasse-neige lorsqu’ils travaillent par échelons. Cela pourrait devenir très intéressant si vous n’avez qu’un seul conducteur dans le chasse-neige en tête. Ma propre solution (qui, je le crains, fera l’objet d’un veto), à savoir l’installation d’un laser très puissant sur les chasse-neige pour s’occuper des voitures qui décident de passer entre ceux-ci, n’est probablement pas acceptable… 
 
Ainsi, la réponse à la question « qui conduit votre chasse-neige? » pourrait bien être « personne », si ce n’est pas cet hiver, probablement dans cinq à dix ans. Mais, d’après ce que je vois, ce ne sera que dans certaines situations bien particulières (comme le déneigement par échelons sur une route à voies séparées). Il faudra un peu plus de temps pour arriver à des chasse-neige autonomes dans les rues et les ruelles des villes. Pourtant, même si nous n’en sommes pas encore là, « les temps sont en train de changer ».
 
Vous pouvez communiquer avec Wilfrid Nixon par téléphone au 319 594-4447 ou par courriel à wilf@psassoc.org.


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