Nouvelle

01 janvier 2021

Boîte à outils hivernale de l'APWA - Résilient ou optimisé?


Wilfrid Nixon, Ph.D., P.E., PWLF, Président, Professional Snowfighters Association, Iowa City, Iowa; membre du sous-comité de l’entretien hivernal de l’APWA

Avant de faire face à la COVID-19 et à tout ce que la pandémie a entraîné, la tendance dans le secteur manufacturier depuis un certain nombre d’années a été fortement orientée vers la « production optimisée » ou « production au plus juste ». Un concept clé de cette approche était d’éliminer tout gaspillage, redondance et coûts excessifs afin que le processus de production proprement dit soit le plus rentable possible. Cette approche fonctionne bien lorsque les choses vont bien, mais comme beaucoup l’ont découvert l’année dernière, lorsque nous vivons des bouleversements, l’approche « au plus juste » n’est pas si bonne.

Un exemple des problèmes qui peuvent survenir à la suite d’une perturbation comme la pandémie s’est produit pour un fournisseur de levure de boulangerie. La demande pour de la levure de boulangerie est très variable : elle est élevée à l’approche de l’Action de grâce et de Noël, et plus faible le reste de l’année, de sorte que ce n’est pas un changement dans la demande qui les a fait trébucher. Ce qui leur a posé un problème, ce sont les pots en verre dans lesquels leur produit était vendu. Ces bocaux étaient achetés en Inde, car c’était la solution la plus « optimale ». Mais l’usine en Inde a fermé et les pots ont cessé d’arriver aux États-Unis pour être remplis de levure de boulangerie. Dans l’ensemble, cela a eu un impact modeste, mais révélateur. Le fait de ne pas avoir beaucoup de bocaux dans un entrepôt (qui ne serait pas sans gaspillage) signifiait que la capacité à expédier le produit s’est rapidement arrêtée.

De même, dans le domaine des travaux publics, on nous dit depuis de nombreuses années d’accroître l’efficacité. Ce n’est pas une mauvaise chose à faire, même si tout le monde va être un peu contrarié si tout ce qu’on entend est de « faire plus avec moins ». Mais de nombreuses organisations ont beaucoup réfléchi l’année dernière à la manière dont elles fonctionneront si de nombreux employés se voient infectés par la COVID. Et beaucoup sont arrivés à la conclusion que si vous ne prévoyez pas de tels bouleversements, vous pourriez vous retrouver en difficulté si le pire (ou même le moins pire) se produit.

Le remède à cette préoccupation se trouve dans un seul mot : la résilience. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement et comment l’appliquer lorsque des changements se produisent? Le dictionnaire en ligne Merriam Webster définit la résilience comme « la capacité à se remettre ou à s’adapter facilement à une malchance ou à un changement ». Cela nous donne une bonne idée de la manière dont cela fonctionnerait sur le plan opérationnel. Cela signifie, par exemple, que si l’un de nos camions a un problème et ne peut pas aller déneiger ce soir, nous pouvons nous adapter et les rues qui auraient été prises en charge par le chasse-neige mis à l’écart sont toujours dégagées en temps voulu. De même, si trois des douze travailleurs de notre équipe de nuit sont incapables de travailler parce qu’ils ont la COVID-19 ou sont mis en quarantaine parce qu’ils y ont été exposés, nous avons un plan pour y faire face.

Et c’est là le secret d’une opération de l’entretien hivernal résiliente : se doter d’un plan. Ce plan peut être simple. Si nous avons un camion de « rechange », lorsque l’un de nos camions est en réparation, celui de « rechange » peut combler les besoins, mais nous devrons bien sûr nous assurer que le camion de rechange est prêt à rouler, avec son épandeur calibré, la charrue correctement montée, etc. Ce n’est pas tout le monde qui a un camion de rechange et, dans ce cas, un ou plusieurs de vos camions opérationnels vont devoir déneiger les rues dont le camion « abattu » avait la responsabilité.

Bien sûr, le premier niveau de résilience consiste à réorganiser vos ressources pour couvrir les besoins normaux, mais que faites-vous si les choses vont vraiment mal? Si la moitié de vos conducteurs de chasse-neige ne sont pas disponibles en raison d’une infection ou d’une quarantaine, quel est votre plan alors? Il est évident que si vous essayez de tout faire avec seulement la moitié de votre personnel, vous risquez d’échouer. Il vous faut donc un plan pour vous concentrer d’abord sur les rues et les routes les plus critiques, puis (probablement beaucoup plus tard que la normale) sur le reste du réseau routier. Vous devez planifier non seulement les routes que vous allez déneiger, mais aussi les situations qui vous amèneront à adopter cette approche particulière et (ce qui est peut-être le plus important) la manière dont vous allez communiquer cette situation au public et aux autres premiers intervenants afin que, dans la mesure du possible, chacun sache ce qui se passe et à quoi s’attendre.

Alors, pour l’instant, cette année, la résilience doit peut-être être notre mot d’ordre, et cela signifie prévoir les pires scénarios. La bonne nouvelle, c’est que si nous planifions, même si le pire se produit, nous avons un plan et nous savons ce que nous devons faire pour continuer à offrir nos services clés au public.

Vous pouvez communiquer avec Wilfrid Nixon par téléphone au 319 594-4447 ou par courriel à wilf@psassoc.org.