01 juin 2020

Mot du président : Nous sommes une famille, faisant partie d’une même équipe


William E. (Bill) Spearman, III, P.E.
Président de l’APWA


La pandémie de COVID-19 qui a débuté au début de l’année a mis en évidence le rôle essentiel des travaux publics en matière de santé publique. Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes loin de connaître toute la portée et les conséquences qu’aura la COVID-19 sur nos villes, nos états, nos provinces, nos pays et nous-mêmes. Je suis très fier de chacun d’entre vous, qui continuez à accomplir vos tâches et vos responsabilités dans ces conditions difficiles au service de vos communautés. Je ne prétends pas que les prochaines semaines, ou même les mois à venir, seront plus faciles ou que les défis seront moindres. Toutefois, j’ai confiance en notre profession et en notre capacité à nous adapter, à improviser, et à aller de l’avant pour continuer à fournir des services publics essentiels.

En 2018, l’APWA a déployé en grande pompe le logo « Premier intervenant des travaux publics » (Public Works First Responder). La promotion des travaux publics et du rôle important que nous jouons pour aider les communautés à se préparer aux catastrophes, à en atténuer les effets, à y répondre et à s’en remettre ne peut être sous-estimée. Mais, la communauté des premiers intervenants est fondée sur la confiance, et ses membres ont une mentalité qui est quelque peu différente de celle des travaux publics traditionnels. En tant que professionnels des travaux publics, nous devons prendre conscience de ces faits et être proactifs pour nous améliorer afin d’être des membres de confiance de la communauté des premiers intervenants. Le fait d’avoir un logo de premier intervenant sur un autocollant de pare-chocs et de dire « premier arrivé, dernier parti » devrait être la preuve que les autres premiers intervenants peuvent compter sur notre présence et sur la valeur ajoutée que nous pouvons apporter à une situation.

Lorsqu’un événement, tel que la COVID-19, se produit et menace la vie, les biens ou l’environnement, nous ne devrions pas simplement attendre qu’on nous demande de l’aide. Nous devons tendre la main à nos collègues premiers intervenants, leur demander si nous pouvons les aider, et les informer des ressources que nous pouvons offrir dans cette situation. La communication est une responsabilité partagée, mais si elle n’a pas lieu, alors nous devons agir de manière proactive. Si nous avons les compétences et l’équipement nécessaires pour intervenir lors d’un événement, il est de notre responsabilité d’aller vers les bonnes personnes pour leur demander si nous pouvons leur être utiles. N’oubliez pas que les autres premiers intervenants impliqués dans l’événement s’efforcent de faire face à la situation en donnant le meilleur d’eux-mêmes avec les outils dont ils disposent. Ils ont beaucoup à faire, et essayer de comprendre ce que les autres pourraient leur apporter et comment entrer en contact avec les ressources n’est peut-être pas possible dans les circonstances. Maintenant, ce n’est pas parce que nous offrons de l’aide qu’elle sera acceptée. Et si nous ne sommes pas déployés, nous ne devons pas le prendre personnellement, et cela ne doit pas nous empêcher d’offrir notre aide dans le futur. La communauté des premiers intervenants en est une basée sur les relations avec les autres, et ces liens ont besoin de temps pour se développer et d’un engagement pour être maintenus (p. ex., répondre présent lorsque les choses deviennent difficiles).

En tant que professionnels des travaux publics, nous devons faire le choix de nous impliquer pleinement ou non comme premiers intervenants, et la pandémie de COVID-19 nous a forcés à évaluer dans quelle mesure nous répondions présents. Les premiers intervenants sont solidaires, ils se soucient les uns des autres, et ils partagent un lien particulier. Il n’y a pas de juste milieu chez les premiers intervenants, car un juste milieu crée une incertitude (zone grise). Vous ne pouvez pas vous identifier comme un premier intervenant si les autres premiers intervenants ne peuvent pas compter sur vous pour être présents en cas de besoin. Une zone grise peut ainsi empêcher l’établissement d’une réputation basée sur la fiabilité et les résultats. Or, une situation donnée peut ne pas nécessiter l’intervention des travaux publics, mais l’objectif est que la police et les pompiers nous fassent suffisamment confiance pour nous appeler, sachant que nous ferons tout notre possible (dans la limite de nos compétences et de nos capacités) pour les aider. S’ils ne nous font pas confiance, alors ils n’appelleront probablement pas, et nous devrions considérer cela comme un signe et nous améliorer sur cet aspect.

Pour que les professionnels des travaux publics puissent intervenir en cas de besoin, il est également essentiel que nous nous préparions aux situations d’urgence. La préparation peut être très exigeante au début, mais les conséquences d’un manque de préparation sont bien pires. Bien que la préparation à une situation d’urgence puisse paraître un peu différente selon l’endroit où l’on vit, les principes de base restent les mêmes : chaque personne doit avoir un moyen de recevoir des alertes, un endroit où s’abriter sur place, un lieu et un plan d’évacuation, et une manière de communiquer avec la famille et les amis.

Enfin, nous devons également prendre un moment pour se centrer sur soi. Notre propre santé mentale est un élément fondamental de nos rôles de premiers intervenants, de collègues, de conjoints, de parents et d’amis. Et si les problèmes de santé mentale sont encore parfois stigmatisés, nous ne devons pas les nier ou essayer de les fuir.

L’édition de juin 2020 du APWA Reporter contient de nombreux articles intéressants sur une grande variété de sujets liés à la gestion des urgences. Le comité de gestion des urgences de l’APWA a multiplié les efforts pour renforcer la collaboration entre l’APWA et un certain nombre d’associations liées à la gestion des urgences et pour offrir de la formation aux membres de l’APWA dans un ensemble concis (que ce soit par le biais d’articles du Reporter; de webinaires « Cliquez, écoutez et apprenez » [Click, Listen & Learn]; ou de présentations PWX). L’objectif du comité est de favoriser les liens locaux entre les professionnels des travaux publics, les collègues premiers intervenants et les autres parties prenantes de leurs communautés qui peuvent avoir ou ont un impact direct sur les opérations des travaux publics. Les membres du comité souhaitent que le matériel pédagogique et les informations fournies vous encouragent et vous appuient, vous les professionnels des travaux publics, dans l’intégration à votre travail des concepts de gestion des urgences. Je vous encourage à passer du temps à non seulement vous informer sur ces ressources et à les appliquer sur votre lieu de travail, mais aussi à vous préparer, vous et votre famille, à faire face aux situations d’urgence. Bo Mills, président sortant, n’aurait pu mieux dire, compte tenu de la rapidité avec laquelle la COVID-19 a frappé : « Rappelez-vous qu’il n’est jamais trop tôt pour se préparer, mais qu’il peut être trop tard. »

Alors que nous faisons ce que nous pouvons raisonnablement faire pour nous protéger et protéger notre personnel de la COVID-19, nous vivons actuellement un moment important où les travaux publics s’engagent aux côtés de leurs collègues premiers intervenants pour répondre aux besoins des communautés. La façon dont nous réagissons à la COVID-19 donnera le ton quant à la façon dont nous sommes perçus aux yeux de nos collègues premiers intervenants et de la population. Alors, faites preuve d’audace et d’intelligence, et mettrons-nous à la hauteur du défi auquel nous devons faire face. Prenez soin de vous!


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