01 décembre 2021

Boîte à outils hivernale de l'APWA - Les changements climatiques et leur impact sur les opérations hivernales


Wilf Nixon, Ph.D., P.E., PWLF, Président, Professional Snowfighters Association, Iowa City, Iowa; membre du sous-comité de l’entretien hivernal de l’APWA

De nos jours, de nombreuses organisations sont appelées à créer des plans pour faire face aux changements climatiques. Et le secteur des opérations d’entretien hivernal doit bien sûr être inclus dans ces plans. Malheureusement, ce n’est pas si simple, car nous disposons de relativement peu d’informations sur la manière dont les changements climatiques auront un impact sur les conditions hivernales dans un endroit donné.

Le problème qui se pose lorsque l’on veut décrire l’impact des changements climatiques sur les conditions hivernales est assez facile à saisir. Pensez à toutes les prévisions concernant le temps qu’il fera cet hiver. Elles sont toutes relativement vagues. Certaines laissent entendre que le début de l’hiver sera chaud et que la fin apportera du froid (le chaud et le froid étant relatifs à ce qui est « normal » pour un endroit donné). D’autres suggèrent d’autres fluctuations de température, mais aucune d’entre elles ne vous dira si oui ou non vous allez avoir de la neige le 7 février, et ce n’est pas non plus leur but.

Il en va de même pour les prévisions en matière de changements climatiques. On nous dit que ça va se réchauffer, en particulier dans les régions polaires. Nous savons qu’en Alaska, la dégradation du pergélisol s’accentue, découlant du réchauffement climatique et entraînant des défis importants pour la construction et l’entretien des routes en Alaska. Mais que devons-nous penser du fait que l’hiver dernier en Antarctique a été le plus froid jamais enregistré? Si les régions polaires sont censées se réchauffer, comment ce bilan « le plus froid jamais enregistré » est-il possible?

Il y a au moins deux facteurs en jeu ici. Le premier est que la plupart d’entre nous (moi y compris) n’ont pas le temps de lire les nombreux milliers de documents techniques rédigés sur le vaste sujet de la modélisation du climat et des changements climatiques. En conséquence, nous n’entendons vraiment parler que des études qui sont portées à notre attention par les médias, et les médias ne vont attirer notre attention que sur les choses qu’ils pensent que nous trouverons intéressantes (ce qui est une façon polie de dire que les médias sont là pour « obtenir des clics »…). Ainsi, une histoire de « l’hiver le plus froid de tous les temps » est rapportée, tandis qu’un « été qui s’inscrit dans la tendance prévue des changements climatiques » ne sera pas jugé digne d’intérêt.

Le deuxième facteur en jeu est que la science des changements climatiques n’est pas, pour l’instant, particulièrement douée pour faire des prédictions qui se confirment par la suite. Ainsi, un certain nombre de prédictions ont été faites dans le domaine de la science du climat qui ne se sont pas réalisées comme prévu. Il s’agit notamment des prédictions relatives à la fréquence et à la gravité des ouragans dans l’Atlantique, et même des prédictions relatives à l’augmentation de la température moyenne de la planète (l’augmentation mesurée a été inférieure à celle prédite, dans une mesure statistiquement significative). Cela ne signifie pas que les changements climatiques ne sont pas en train de se produire (bien sûr qu’ils le sont, ils l’ont toujours été), mais cela signifie que les prévisions ne sont pas à un stade où nous pouvons fonder des décisions opérationnelles sur elles.

Quelle est donc la ligne de conduite prudente à adopter, étant donné que les prévisions ne sont pas suffisamment solides pour inspirer une confiance opérationnelle? Tout d’abord, nous devons tenir compte des événements météorologiques hivernaux qui ne se sont jamais, ou très rarement, produits dans notre région. La vague de froid qui a frappé le Texas l’hiver dernier en est un exemple. Ce n’était pas un événement sans précédent (même s’il a été signalé comme tel), car une vague de froid similaire s’était produite à la fin des années 1920, mais c’était certainement un événement rare. Un autre exemple serait ce qui s’est passé en Alaska il y a quelques années, lorsque Dan Schacher, un ami, un collègue et le président du sous-comité de l’entretien hivernal, a dû faire face à un épisode de pluie, à Fairbanks, à la mi-février. Étant donné que la température avant l’événement avait été typique pour Fairbanks à la mi-février (c’est-à-dire extrêmement froide), la pluie a entraîné la formation d’une grande quantité de glace à peu près partout. Il s’agissait d’un événement sans précédent (du moins d’après les archives dont ils disposaient), et depuis lors, ils ont acquis des outils, tant mécaniques que chimiques, qui leur permettront de faire face à un événement similaire et aussi d’améliorer leur niveau de service au début et à la fin de la saison hivernale.

Vous ne pouvez donc pas prévoir les événements météorologiques qui pourraient résulter des changements climatiques dans votre région, mais vous pouvez au moins vous pencher sur ce qu’ils pourraient être. Tout cela nous ramène à un mot familier : la résilience. Une réponse appropriée aux changements climatiques est d’examiner le degré de résilience de vos opérations d’entretien hivernal, et de considérer les actions que vous pourriez entreprendre pour augmenter la résilience de ces opérations.

Comment mesurons-nous le degré de résilience de nos opérations? Tout d’abord, nous devons déterminer ce que serait, pour notre région, un événement météorologique hivernal sans précédent (ou très rare). Il peut s’agir d’un épisode de pluie verglaçante ou d’une très forte tempête de pluie survenant alors que tout est encore gelé, ce qui entraînera des inondations, voire des embâcles sur les rivières et d’autres événements similaires. Les possibilités, si elles ne sont pas exactement infinies, sont nombreuses, variées et un peu angoissantes!

Ensuite, une fois que nous avons imaginé l’inimaginable, nous pouvons commencer à réfléchir à la manière dont nous y ferions face si cela devait se produire. La gestion de ces tempêtes difficiles est un sujet que nous avons abordé dans des chroniques précédentes, mais la base est que vous devez avoir un plan pour le cas où tout irait mal. Et cela, ainsi que la réflexion sur ce qui pourrait mal tourner, est la clé de la résilience dans vos opérations d’entretien hivernal.

Vous pouvez communiquer avec Wilfrid Nixon par téléphone au 319 594-4447 ou par courriel à wilf@psassoc.org.


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